Course Nature de la Vie, le 21km au mental

Photo de l'Edition 2013
Photo de l'Edition 2013

      Cette course est particulière pour moi, j'y ai fait mon tout premier podium en 2012, seulement 18 mois après le décès de ma fille Zoé. Depuis cette date j'y participe chaque année sur la distance de 21kms (21ème en 2011, 2ème en 2012, 5ème en 2013...).  

Un parcours roulant et pas trop technique, mais quelques bons raidillons! De plus, elle est bien placée dans le calendrier, il n'y a pas beaucoup de courses à cette période de l'année et c'est juste avant la saison de cross.

 

C'est aussi l'occasion de retrouver des coureurs locaux du RAPV (Raid Aventure Pays de Vie) comme Matthias Jaulin, Nicolas Pavageau, Sebastien Gauvrit, Fabien Pondevie, Mickael Duvacher...

 

Et comme chaque année depuis 2011, il a fait froid ce matin là. La température proche de c'est presque une tradition pour cette course!

Je me suis inscrit à cette course alors que l'on préparait l'accouchement et le départ d'Elise. C'était une façon de ne pas décrocher et d'avoir un petit objectif à court terme mais je savais aussi que j'allais passer des moments difficiles jusqu'à la course. Je devais également récupérer de l'Intégrale des Causses (Templiers) couru le 24 octobre dernier. 

Elise est née le 04 novembre, depuis j'ai du mal à me motiver, mon pouls au repos est en hausse tout comme les chronos sur la piste... Pour ne rien arranger, je souffre d'insomnies quasi quotidiennes. Je prends le départ de cette course, usé, fatigué et sans envie. Mais bizarrement quelque chose me pousse à me battre et à ne pas baisser les bras. Mes petites étoiles ne doivent pas y être pour rien et en y réfléchissant je fais ça pour elles, une sorte de cercle vertueux.

 Nous arrivons à 8h15 sur place, on aurait même eu le temps de prendre un vin chaud! J'ai fait la route avec mon pote Romain, et nous nous échauffons ensemble. Ce froid nous fait repenser aux conditions du Trail du Vignoble Nantais en 2013. Le départ est donné à 9h30, sur la ligne de départ on retrouve des costauds : Julien Cougnaud et Jef Brochoire (mes camarades de club à l'ACLR), Fabien Pondevie (mon autre camarade de club mais au RVT), Nicolas Pavageau, Sebastien Gauvrit, Christophe Dain, Jacky Guerineau, Claude Auvinet...


Une minute de silence est faite en hommage à Joffray Sutour, on n'oublie pas.


Le départ est donné, ça part vite et je suis dans les 10 premiers. Je reste derrière Romain, c'est très dur pour moi et le rythme est soutenu. Au 4ème kilomètre je le double mais je n'ai pas assez d'oxygène pour l'encourager, nous sommes à ce moment là 6 et 7ème. Nous rentrons dans des chemins assez plats. Je reviens sur Sébastien Gauvrit et reste au contact, je m'accroche encore pendant 3km avant de le doubler.


J'essaye de faire ma course et de garder mon rythme sans me préoccuper des autres coureurs. Si je vois que je peux aller un peu plus vite alors j'essaye de partir.


Après une grosse descente, au 8ème km, on arrive au premier ravitaillement. Je ne m’arrête pas, j'ai pris de l'eau dans des Soft Flask Salomon 250ml que j'arrive à glisser dans les poches de mon short Raidlight Ultra Light, super pratique! Les parents de Romain sont aussi là pour nous encourager, je les salue en passant.


Je suis 5ème à ce moment là, après le ravito on attaque une grosse côte sur un chemin de remembrement. Je reviens au contact du 3ème et du 4ème... Je trouve que le 4ème lève beaucoup les jambes dans les montées, sa foulée n'est pas économique et je me dis qu'il va avoir du mal à tenir. Je profite de cette côte pour passer devant, passant 3ème. L'autre coureur, Florent Etourneux que je ne connais pas reste à mon contact, mais je connais bien ce maillot du team Shobi Sport Nantes. C'est celui que porte l'ami Sebastien Sauleau! On creuse l'écart sur nos poursuivants, je reste devant et je donne le maximum...

Flo suit toujours, on discute comme on peut, vraiment sympa! Au 11ème kilomètre, on entre dans une portion de chemin un peu plus gras, au niveau du lieu dit de la Nonnerie. S'en suit une bosse de 2km de long. Après 1km dans cette bosse on aperçoit Nicolas Pavageau. On s'approche rapidement de lui, je sais qu'il souffre d'une contracture au mollet. On le rattrape et à ce moment là il met le clignotant; je lui lance "Allez Nico!", il repart, je l'encourage de nouveau.  Je le vois s’arrêter de nouveau puis repartir...

 

En haut de la bosse je suis toujours avec Flo, on entre dans des champs qui sont un peu plus mous, la foulée devient moins efficace et dynamique. Lors de virages serrés on aperçoit deux de nos poursuivants dont Nico, c'est une bonne nouvelle pour lui!

 

Au 15ème km on rejoint les coureurs du 13km. Je connais cette situation et je sais que ça va être pénible de les doubler à certains endroits et de slalomer, mais ça fait parti de la course! A 1h de course nous avons parcourus 15,8kms et 200m de D+. On redescend sur le ravito par un superbe chemin creux. On court tant bien que mal dans l'herbe haute pour passer les autres coureurs. Au 18ème km on doit traverser la Vie, sur des poteaux couchés, ça bouchonne et on perd de précieuses secondes. Je suis toujours au maximum, Flo m'encourage et me dit "Allez on finit ensemble!". Nous sommes à présent sur le retour du chemin déjà effectué en début de course. Je regarde ma montre pour voir le kilomètrage, j'ai très peu regardé ma montre pendant la course ce qui est, en général, bon signe. Florent prend quelques mètres à 1km de l'arrivée, je suis à fond, je m'arrache mais je ne peux pas suivre. Je laisse filer mais l'écart reste minime.

 

Je sais que l'arrivée est au point haut et qu'il nous reste donc une bonne montée! Le parcours a été un peu modifié cette année et la montée de la fin tant redoutée n'est plus la même, cette année elle est très pentue et glissante mais elle est certainement plus courte...

Je donne tout dans cette ascension et dans ces derniers mètres, je ne veux rien regretter, je finis oxy avec la bouche grande ouverte. Elodie, ma compagne et mon fils Léo sont en haut de la pente ça fait chaud au coeur. Je sais que la troisième place est assurée mais je finis à fond comme j'ai couru toute cette course.


Mes parents sont sur la ligne d'arrivée. Je la passe en 1h22'00", la souffrance a disparu et je savoure cet instant.


Aujourd'hui je n'avais pas forcément les meilleures dispositions physiques pour faire cette course, en revanche j'étais animé par une envie de donner le maximum pour mes filles, pour mon fils et pour Elodie. Nous avons tellement souffert moralement ces derniers temps que la souffrance physique m'a paru infime... J'ai encore appris sur moi, et j'ai été chercher des ressources que je n'imaginais pas avoir.


Et si c'est c'était ça qui rendait ce sport si beau, "se connaitre un peu plus chaque jour".

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Commentaires : 6
  • #1

    alain sarrazin (lundi, 08 décembre 2014 18:04)

    beau récit et belle course comme d'hab
    bravo maxime

  • #2

    gilbert (lundi, 08 décembre 2014 18:53)

    Bravo Max pour ta course et pour ton récit très intéressant!Je retiendrai surtout que dans le sport, la motivation compte tout autant que les qualités et surtout qu'il n'y a rien d'écrit d'avance.On arrive à franchir des paliers et faire des résultats à force de persévérance et c'est ce que tu obtiens aujourd'hui!Encore Bravo!

  • #3

    mike "your godfather" (lundi, 08 décembre 2014 19:36)

    Bravo Max, en plus tu es aussi bon conteur que coureur. Tes étoiles te guident, et te font effleurer les sommets. Bisous

  • #4

    Bastien Charteau (lundi, 08 décembre 2014 19:49)

    Bravo!

  • #5

    Gaelle (lundi, 08 décembre 2014)

    Bravo Maxime.
    Zoé et Elise te donnent des ailes....c'est fabuleux.
    "Petites fées, votre papa est très courageux...."

  • #6

    courirbleuetrose (mardi, 09 décembre 2014)

    Vos messages sont touchants, merci