Championnats de France de Cross

Cette année c'est ma deuxième saison de cross. L'année dernière l'aventure s'est arrêtée aux régionaux. Cette saison, je la prends donc comme un bonus qui me permet de travailler la pose de pied, le mental, la caisse... Il n'y a que des avantages à faire du cross! Les cross sont en pleins dans ma préparation du Marathon de Barcelone qui se déroule la 15 mars. J'ai pu mesurer la difficulté de concilier la préparation marathon saupoudré d'un peu de natation avec l' IronMédoc fin mai et les cross. Ma stratégie est basique, la semaine du cross je garde la même semaine type marathon sauf que je fais ma sortie longue le jeudi (avec une séance de CrossFit le jeudi soir, outch!) et je remplace ma séance de seuil par le cross du dimanche.

Inter Régions à La Chapelle sur Erdre
Inter Régions à La Chapelle sur Erdre

Aux départementaux je me place 32ème, sans trop de sensations mais à mon niveau. Aux régionaux, sur l'hippodrome de Saint Jean de Mont je fais mon plus beau cross, parcourant les 10,2kms (9,9kms sur ma Polar V800) en 35'20", 89ème et me qualifiant en individuel malgré les 90kms de course parcourus dans la semaine.


Deux semaines plus tard j'arrive à La Chapelle sur Erdre fatigué et malade depuis 3 jours. Je me donne à fond mais je n'ai pas de jambes ce jour là. La saison cross s'arrête ici pour moi, déjà satisfait d'avoir franchi une étape supplémentaire.


Le mardi suivant à l'entraînement, Moustache, notre entraîneur, me dit qu'un des coureurs de l'équipe travaille le dimanche 1er mars. Comme je suis le 7ème de l'équipe, il me propose de participer.


Je surpris et je me dis d'abord que je ne mérite pas cette place. Mais après plusieurs jours de réflexion je finis par me dire que c'est une chance de participer à ces championnats de France, allez Go!!!

Malheureusement pour des raisons personnelles nous avons des rendez-vous sur Paris le jeudi avant les championnats de France aux Mureaux. Nous décidons un peu au dernier moment (la météo nous a aussi aidé à prendre une décision) d'aller sur Paris en famille avec notre fils, et ainsi de profiter de ces deux jours entre nos rendez-vous du jeudi et le cross de dimanche pour aller faire un heureux pendant deux jours à Dysneyland! Cela va nous permettre de penser à autre chose, et la préparation marathon m'a demandé beaucoup d'investissements ça ne me fera pas de mal de couper un peu pendant 3 jours. Mais j'avoue que le pays de Mickey n'est pas l'endroit idéal pour y passer la veille et l'avant-veille d'une course. Nous y avons passé deux jours intenses mais repartons avec de merveilleux souvenirs en famille.

Le grand jour est arrivé, et ça me stresse pas mal, j'ai peur de ne pas être à la hauteur même si je sais que je n'ai pas grand chose à apporter à l'équipe je vais au moins essayer de ne pas finir dernier...

Après un repas express chez le Bison, nous arrivons sur place, aux Mureaux et je retrouve mes camardes de club, toujours aussi sympa. Même si je suis qu'un remplaçant de remplaçant, je me sens intégré, on forme une équipe et ça fait plaisir. Merci les gars!

On fait le tour du parcours en s'échauffant, pas de doute c'est un très beau parcours, de la boue, de belles cotes, des relances...ça va être dur mais on est là pour ça!

Un petit tour dans la tente club pour se changer et nous partons finir de nous échauffer à côté du départ. Nous sommes plus de 400 et le fait d'être qualifié en équipe c'est un avantage par rapport aux individuels car nous avons un box de réservé pour l'équipe. Nous n'avons donc pas besoin de batailler pour avoir une place devant. 

Le départ est donné et ça part très très vite, je regarde rapidement derrière moi et je suis déjà en queue de peloton. Nous partons pour 11,40 km. Je ne m'affole pas, vu la difficulté du parcours je ne veux pas me mettre dans le rouge et je sais que des places seront à gagner dans le dernier tour. On entre dans la première petite boucle de 750m composée des plus grosses bosses du parcours et des parties les plus boueuses, je m’accroche et je me dis que c’est fou ce niveau aussi dense. A la sortie de la boucle certains sont déjà à la peine, mais nous entamons une partie plus roulante avant de monter une bosse assez régulière, la boue reste toujours collée à nos pointes…


Nous entamons le tour d’un stade de foot, puis s’en suit une partie avec des graviers. Finalement je crois que je préfère la boue, j’ai beaucoup de mal à trouver ma foulée dans ces cailloux! Je double un coureur qui court tant bien que mal en chaussettes dans cette caillasse, aïe, ouille! Nous sommes sur le retour de cette première boucle et nous entrons à nouveau dans la boue, c'est le choc des surfaces; passer du tout au rien n’est pas facile à gérer. Pour l’instant je suis bien, et je fais avec mes moyens et surtout avec les moyens du jour. 

J’aperçois mes supporters, mon fils et ma femme, je souris et je les salue. Je souffre mais je tiens à les saluer, eux qui ont passé la journée à attendre cette course les pieds dans la boue, eux qui me supportent.

 

On attaque le deuxième tour, avec cette fameuse petite et cruelle boucle, je la passe sans trop de dégâts mais sans savoir pourquoi à la fin de celle-ci,  je suis pris de grosses crampes de ventre ! Moi qui ai l’habitude de faire des Ultras et qui ne rencontre jamais ce genre de problèmes je suis surpris par cette douleur qui m’oblige à lever le pied, je ne suis pas venu ici pour rien et je finirais coûte que coûte. 

La deuxième boucle se termine non sans mal, aller plus qu’un tour à faire ! Je gère les bosses et la boue et à la sortie de celles-ci ça va mieux et je retrouve une foulée plus aérienne, qui me permet de regagner quelques places. Dans la partie caillouteuse j’essaye de passer en vélocité et je gagne encore trois places. Il reste maintenant plus d’un kilomètre et ça accélère, chacun donne ces dernières forces disponibles. A 200m de l’arrivée deux coureurs sont encore devant moi et c’est mon objectif de fin de course, je décide d’aller les chercher ! Le premier me sent venir derrière lui  et essaye de fermer la porte contre les balustrades. J’accélère encore pour passer l’épaule juste devant lui avant que la porte se ferme, nous nous touchons mais ça fait partie du jeu. Je finis en sprint. L’autre coureur est tout proche de la ligne, je donne tout pour le cueillir à 2m de la ligne. Je finis épuisé, j’ai la tête qui tourne et du mal à retrouver mon équilibre.

Je me lève et regarde autour de moi pour voir si je ne vois mes amours, après plusieurs balayage du public je les aperçois et je les remercie. C'est un moment particulier pour moi, je l’ai fait, j’ai eu la chance de participer à cette fête et en plus devant mes proches. Mais il me manquera toujours mes deux filles, je fais ça pour elles et je me bats au quotidien pour sortir la tête de l'eau. Je savoure donc ce moment en pensant à elles, à ma femme et mon fils.

 

Je remercie également mes camarades de club et d’entrainements, les dirigeants de l’ACLR pour leur état d’esprit. Sans aucun doute j’ai progressé à vos cotés et merci de m’avoir permis de vivre des moments comme ceux-ci!

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Commentaires : 1
  • #1

    Éric T. (lundi, 02 mars 2015 23:53)

    Super résumé de course, félicitations !