Le Marathon de La Loire

Après un long hiver et une grosse période de fatigue intense en janvier me voici lancé dans la saison de Cross puis dans la préparation Marathon... J'ai choisi le marathon de La Loire pour sa proximité avec la Vendée (1h40 de route depuis la Roche sur Yon), et parce qu'il arrive tôt dans la saison. L'objectif étant d'avoir le temps de récupérer jusqu'à l'IronMan de Vichy le 27 août prochain.

 

Nous arrivons sur place la veille, ce qui permet de récupérer le dossard sereinement, et de repérer les lieux pour le lendemain. En allant à notre Gîte où nous allons passer le week-end, nous empruntons une dizaine de kilomètres du parcours du marathon, entre Saumur et Les Rosiers sur Loire. Cette route au bord de la Loire est très plate, et composée de grandes lignes droites... La soirée fut calme, un coup de fil à Michel qui me prodigue ses derniers conseils.

Le lendemain nous assurons et nous partons du Gîte pour être sur place 1h avant le départ, nous ne savons pas si nous allons trouver de la place facilement. Finalement aucun soucis pour se garer, toute la petite famille va attendre une bonne 1/2h dans la voiture, avant de se diriger vers le départ. Je laisse mes vêtements chauds à Elodie. Direction mon sas où nous sommes peu nombreux dans les -3h. Je me dis que je vais rapidement me retrouver seul...

 

Chauchau met l'ambiance au micro, le maire de Saumur appuie sur la gâchette. C'est parti! Les premiers kilomètres, nous zigzaguons dans la ville, certains sont partis très vite et je double déjà, calé à mon rythme. J'aperçois Élodie et Léo qui m'encouragent au bord d'un giratoire, un sourire et un petit signe de la main; je sais que je ne suis pas prêt de les revoir, pas avant le 35ème au moins...

 

Le premier ravitaillement arrive, 5km de fait dans les temps. Je me retrouve rapidement dans un petit groupe, dont la première féminine. Elle a son ravitaillement perso, elle m'en propose, sympa! Mais je refuse avec le sourire. À la sortie de Saumur nous entrons dans un chemin de halage qui longe la Loire, c'est chouette. Celui-ci va durer quelques kilomètres, quasiment jusqu'au 10ème kilomètre synonyme de nouveau ravitaillement. Là je prends un gel et de l'eau. Sinon j'ai emporté deux flasques de 237ml me permettant de boire une gorgée de boisson de l'effort toutes les 10min. Ma montre est programmée pour sonner et me rappeler qu'il faut boire régulièrement. Le plan nutrition est simple, une gorgée toutes les 10min et un gel tous les 10km, ce qui tombe bien nous avons un ravito tous les 5km...

Au 11ème kilomètre nous entrons dans de longues lignes droites. Je me retrouve seul avec le petit groupe juste devant, pas grand monde derrière. Le vent est faible mais de face et suffisamment gênant. Je décide de recoller au groupe devant plutôt que de rester seul. Le groupe court un peu au dessus de mon rythme, entre 15,5 et 16km/h. Mais je préfère cela plutôt que de rester seul face au vent. Je suis à l’abri derrière quatre coureurs. Et je me souviens des conseils de Doc Cole prodigués à Morgan, dans le livre La Grande Course de Flanagan : "ne quitte pas de vue le dos du coureur devant toi, fixe son maillot!".

 

La première féminine nous lâche au 15ème kilomètre. Moi, je reste accroché à ce petit groupe jusqu'aux Rosiers sur Loire, juste après avoir traversé la Loire. Nous sommes au 20ème kilomètre, tout va bien, vent dans le dos nous retournons vers Saumur. L'ambiance est belle aux Rosiers, beaucoup de monde pour nous encourager. J’aperçois les enfants et la femme de Hyacinthe, un coureur que j'ai eu plaisir à rencontrer deux semaines auparavant à la Bicentenaire et qui portait encore le tour de cou Hespéranges pour ce marathon, merci! Je prends mon gel à la vue du ravitaillement, je pose mes déchets sur la table et prends une petite bouteille d'eau pour mieux digérer mon gel. Et là c'est le drame en ouvrant la bouteille, je la fais tomber par terre juste à la sortie du ravitaillement. Au lieu de faire demi tour je décide de continuer et de me contenter de ma boisson d'effort.

Je suis maintenant seul et commence à douter, je ne sais pas si c'est ce petit détail ou autre chose mais je ne suis plus dedans. Je passe malgré tout le semi en 1h21, dans les temps, avec même un peu d'avance. Peu de temps après la première féminine me dépose! Au km 24 nous arrivons au lieu où les relais se font, Elsa qui attend JB m'encourage au bord de la route, et court même à mes côtés, ça fait du bien au moral mais c'est déjà difficile. Je me retrouve rapidement seul, de nouveau, je fixe mon regard au loin dans ces longues lignes droites. Je double un des coureurs qui était dans le petit groupe à l'aller, je l'encourage pour que l'on partage un bout de route mais il ne peut pas, dommage! En tournant la tête légèrement vers la droite je vois les canoës de l'épreuve combinée remonter la Loire, joli spectacle! Km 29, demi-tour qui casse les jambes après les tout droit! Nous nous écartons de la Loire, pour aller sur une route plus champêtre. Le parcours est joli malgré tout mais le manque de densité fait qu'il n'y a personne à l'horizon!

 

Je finis par passer le km 30 en 1h57, pile dans les temps de 2h45 mais je sais déjà que ça ne va pas le faire. Prochain objectif arriver au 35ème... J'entre dans une portion plus urbaine, je me dis que j'approche de Saumur. La seconde et la première féminine me laisse sur place, elles se suivent de très près, la bataille va être rude! Maintenant mon rythme est entre 4'15 et 4'30/km, mais je ne baisse plus.

Un faux plat montant nous fait monter sur le pont des Cadets, il commence à y avoir pas mal de spectateurs, ça fait du bien. Au bout de ce pont nous entrons dans l'île Offard. Nous passons à l'Est de l'île, c'est joli et l'on aperçoit la ligne d'arrivée juste de l'autre coté de la Loire mais il reste encore 5km!

 

Nous passons ensuite sur le pont Cessard qui nous ouvre les portes des derniers kilomètres! Je suis toujours aussi mal, mais c'est pas pire! Je vois enfin Elodie, Léo et Ophélie qui m'encouragent, un petit signe et un sourire quand même, je sais que cela fait un moment qu'ils attendent... Nous sommes en plein cœur de la ville, nous serpentons vers l'arrivée. Mes supporters sont de nouveau là, quelques centaines de mètres plus loin. Nous passons sous le château de Saumur pour faire un dernier demi tour et attaquer la dernière ligne droite en bord de Loire, seul, vent de face et interminable... Mais je ne lâche rien, même hors chrono hors de question de baisser les bras!

 

C'est après 2h51'51" de balade que je passe la ligne d'arrivée, (24ème comme quoi c'était pas très dense) encouragé par les spectateurs et par mes fidèles supporters! J'ai beaucoup appris pendant cette préparation marathon, alors la course c'était le bonus, tant pis pour le chrono qui n'est pas le plus important. Mille merci à Michel Milcent pour ses précieux conseils, j'aurais aimé le remercier de son investissement sans failles avec un beau chrono, de même pour Elodie et Léo, Zoé, Élise et Maël, pour Hespéranges aussi... J'ai tout donné pendant la course, fait le maximum pendant la préparation, je cours pour mes raisons, pour rendre hommage, je n'ai aucun regrets ni déception, l'essentiel est ailleurs...

 

S'en est suivi de bons moments entre amis, avec un bon petit resto avec JB, Ophélie, Thierry, Elsa, Michio... La simple joie de se retrouver, ensemble, à partager de bons moments, tous satisfaits de l'instant présent quelque soit le chrono...

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Commentaires : 2
  • #1

    Julien (mardi, 18 avril 2017 16:14)

    Bravo Maxime,
    une belle prépa et belle gestion de course. Finalement le gel perdu n'aura pas manqué !

  • #2

    Maxime (vendredi, 21 avril 2017 09:26)

    Merci Julien!