Mon premier marathon


Mon Premier Marathon... pour l'association Petite Émilie, pour ma princesse Zoé...
Nous sommes le dimanche 16 octobre, le jour J est arrivé, on se lève à 7h00 du matin on enchaîne par le petit déjeuner. Je mange beaucoup trop, Romain aussi, ça commence bien !

9h30 - Nous voici dans Vannes au pied des remparts, on rejoint ma copine Élodie ainsi que nos parents, il y a des coureurs partout et il fait un froid de canard (surtout en short). Le lieu est superbe, le soleil est au rendez-vous. Romain est détendu et moi, fidèle à mes habitudes, je suis sur les nerfs, la boule au ventre.

9h45 - On prend place sur la ligne de départ en prenant soin de se mettre sous le panneau « 3h30 ». Ça se bouscule dur, tout le monde veut être devant ! Deux coureuses nous disent : « Ah c’est vous qu’on a vu dans le journal, vous courez pour Petite Émilie, c’est bien ! », ça fait chaud au cœur.

9h55 - Le feu d’artifice est tiré des remparts, on ne voit pas grand-chose en plein jour mais le silence est pesant, on n’entend que l’explosion des artifices… Ça commence à monter, j’ai déjà les larmes aux yeux…

10h00 - Coup de fusil, on y est, cela fait des mois que l’on en parle, que l’on se prépare... Ça pousse un peu au départ mais on arrive à bien se placer, il y a du monde pour nous encourager.

10h15 - On quitte la ville et on entre dans un chemin, le silence est toujours de mise on entend que le bruit sourd des pas plus ou moins lourds… Nous qui avons toujours l’habitude de déconner en courant, ça fait bizarre. Romain lance « C’est studieux dans les rangs ! », un coureur à coté de nous fait un sourire mais pas plus.

Nous sommes tous serrés et on ne voit pas bien où on met les pieds, je suis très vigilant car j’ai fait une entorse de la cheville 15 jours avant le départ… Un coureur à coté de nous se prend un poteau en bois haut de 1 m, rien de grave ça va… Nous sommes dans le rythme, les sensations sont bonnes pour tous les deux, on tourne à 5 min au kilo.

10h35 - Sixième kilomètre, encore un moment de silence, je me mets à penser à ce que nous avons vécu ces derniers mois, à ma copine Élodie, à ma princesse Zoé, à sa naissance, à l’IMG, au symbole de cette course… J’ai encore les larmes aux yeux et je me retiens pour ne pas éclater en sanglots.

10h45 - Neuvième kilomètre, on quitte les chemins aux superbes paysages, on revoit notre famille nous encourager, ça fait du bien ! On entre sur le port de Vannes, il y a du monde à nous encourager, le coureur devant moi s’arrête brusquement, je l’évite du mieux possible, un autre coureur derrière moi me rentre à son tour dedans, on repart sans casse, le coureur à l’origine de la collision s’excuse, « Y a pas de mal ! ».

11h45 - Semi marathon est atteint à 12 km/h de moyenne, les sensations sont au top pour tous les deux et on est régulier (on a une minute d’avance sur l’objectif…). Le peloton c’est enfin étiré. On entre dans le vieux Vannes (magnifique), je suis bien, on monte à 13-14km/h sans s’en rendre compte…

12h10 - Kilomètre 25, la douleur au genou apparaît (chute de moto au mois de juillet)… J’en fais part à Romain, qui me dit « c’est rien, c’est normal ! ».

12h40 - Kilomètre 29, le fameux mur des 30 kilomètres est face à moi… La douleur au genou part dans toute ma jambe gauche, ma foulée est asymétrique, mon pied droit déroule parfaitement alors que le pied gauche « tape ». À ce moment je me dis « passe en mode guerrier, c’est dans la tête ». Je dis à Romain de partir devant que je vais le finir (il est encore à l'aise), il me dit « non, on va le finir ensemble, il reste 12 km c’est rien on l’a fait plein de fois à l’entrainement », si ça c’est pas un pote ! La chaleur devient aussi insupportable…

13h10 - Kilomètre 37, les ennuis gastriques apparaissent, je ne supporte plus les gels, je lutte pour ne pas marcher, Romain me dit « Allez, tiens le coup jusqu’au prochain ravitaillement ! », je n’ai même plus la force de répondre mais je m’exécute. Après le magnifique passage de Conleau, une montée puis un stand avec des huîtres, andouillette… et cidre… J’avais tellement soif que je me suis dit « tant pis je prends un verre de cidre », le gars me dit « Allez, dans 300 m c’est le ravitaillement ». On boit au ravitaillement et là je retrouve enfin mes jambes. On attaque une partie sans spectateurs et c’est dur… On commence à voir pas mal de coureurs au bord du chemin en train de marcher, le soleil a fait des victimes. On passe à coté de deux organisateurs en VTT, l’un d’eux dit : « C’est une hécatombe, je viens d’en voir un tituber », sympa !

13h25 - Kilomètre 39, Romain me dit « Allez, c’est fini ! », puis il a commencé à ne pas être bien, alors que moi j’avais retrouvé de bonnes sensations. Romain prend un gel au km 40, « C’est le moment de prend un gel », je lui réponds « Si je le prends je vomis… ». Environ 300 mètres après, la plus grosse difficulté de l’épreuve, une montée sur environ 400 mètres puis un faux plat… Dur dur mais je la passe à mon rythme, les gens sont toujours là pour nous encourager, vraiment sympa les Bretons ! Dernier ravitaillement, Romain s’arrête, moi je ne m’arrête pas de peur de ne pas pouvoir redémarrer…

13h45 - On arrive dans le stade, il y a du monde pour nous encourager, on voit la ligne d’arrivée… On passe celle-ci après 3 h 47 min de course, heureux, émus ! Je suis un peu déçu du temps, mais nous l’avons fait pour nous, pour nos proches, pour nos anges, pour leurs parents, pour Petite Émilie… On se classe 693 et 694ème sur 2200. Pas trop mal pour une première, mais au delà de la performance sportive je retiens surtout le sacrifice de Romain (une belle preuve d’amitié et de sportivité), le soutien des personnes proches (allant de nos copines en passant par nos parents, les membres de Petite Émilie, ma princesse Zoé…). Merci à tous pour cette aventure inoubliable !