Le Marathon de Paris


La préparation pour le marathon a commencé en janvier, trois mois avant le jour J. L’envie et la motivation sont là, le marathon de Paris c’est tout un symbole pour nous, c’est une distance qu’il faut respecter même si elle ne nous fait plus vraiment peur comme en octobre dernier pour le marathon de Vannes. A Paris c’est la grande fête de la course à pied, mais c’est aussi l’occasion de rendre hommage à tous nos anges et à tous les parents qui se battent…

Mon dernier mois de préparation a été un peu chamboulé à cause d’une petite entorse du genou lors d’un trail. L’objectif c’est de se faire plaisir et je décide de courir ce marathon à la sensation en fonction de mon genou. Malgré mon dossard 3h30 j’arrive à me glisser dans le « sas » 3h15 pour pouvoir être avec Romain. On part 3min après les premiers, la course est fluide et l’ambiance est bonne. Km 5, la bastille est en vue, nos 3 supporters ne doivent pas être loin, on les aperçoit, on en profite pour leur faire notre plus beau sourire. A la sortie du bois de Vincennes on finit par arriver à la hauteur d’Amélie Mauresmo, après avoir couru quelques kilomètre avec elle on la lâche, une belle championne. Arrivé sur les quais de seine le rythme de 13km/h est respecté, on est même en avance. Le passage des tunnels est « casse pate » et laisse des traces… Km 30, 35 rien à signaler mais il est où « LE MUR » ? Romain quant à lui commence à rentrer dans le dur, j’essaye de l’encourager, de le booster, de lui parler, mais il ne trouve ni les ressources ni les motivations pour tenir le rythme. Lors d’un ravitaillement, avec tout ce monde je le perds de vue, je me retourne et je ne le vois plus. Km 40 je commence à avoir mal aux jambes, et le rythme est difficile à tenir mais il ne me reste plus que 2.195kms à parcourir, et s’il faut le faire au mental j’ai connu pire ! Je me dis que si j’ai mal qu’au 40ème kilomètre c’est que la préparation a dû être bonne, je profite de ma fin de course et de l’ambiance, je franchis la ligne d’arrivée 3h et 15min après avoir franchis la ligne de départ. Romain suit de près et fini en 3h21min. Souvent on se demande après quoi on court ? En tout cas nous on ne court pas après le chrono mais après le plaisir… Pour fuir le chrono, nous allons nous orienter vers le trail et partir à Millau en octobre pour participer à la grande course des templiers (71kms et 3000m de dénivelés positif), et pour ma part je débute aussi dans le triathlon…

J’écris ce texte le jour de l’anniversaire de Zoé… Presque 2 mois après le marathon de Paris. Un an que notre princesse est partie… Je dis souvent que le sport a été ma thérapie, comme si je courais sans cesse pour rejoindre notre fille, ou pour échapper à cette vie qui ne nous a pas épargné, en fait je ne sais pas… Ce que je sais c’est que je trouve ma force en pensant à Zoé, mais aussi à ma famille, mes amis… Ce marathon je l’ai fini avec mes jambes mais tout ceux qui nous ont soutenu dans cette aventure l’ont aussi fini avec moi, « c’est en pensant à vous que je me suis entraîné presque tous les jours, même sous la neige, la pluie, par -10° ». A chaque foulée je me dis « il ne faut pas que tu les déçois… ». A Elodie, merci d’avoir donné naissance à notre belle princesse, merci de partager ma vie depuis 12 ans et de supporter ces heures d’absences, ces sacrifices. A Romain, merci de m’avoir écouté quand je parlais et de m’avoir fait rire quand j’en avais besoin. A ma sœur, mes parents, nos amis, notre famille merci de me soutenir et de m’encourager. A Karine et Jérôme, merci de nous avoir guidé, Aude peut être fière de vous. A Caro, on n’oublie pas Clément et on te remercie pour tout. A Thomas, mon tatoueur, merci pour ton beau geste. A Vanessa, merci pour ton soutien et bravo pour ton courage, Léa et Zoé ont une super maman. A tous les parents endeuillés, c’est aussi pour vous que je voulais faire ce marathon, pour ne pas oublier nos anges et pour briser ce tabou du deuil-périnatal…