26km entre plages et dunes


Mon récit sur cette superbe course au bord de la mer, alliant forêt, dunes, plages et dénivelé! 

 

Ce dimanche 31 mars le printemps se fait attendre et l'hiver sort toujours ses griffes. Changement d'heure et température négative sont au rendez vous. Je suis malade depuis 10 jours et pour le coup j'ai vraiment l'impression d'être au mois de décembre, avec le moral en berne qui va avec! Lors de mes deux dernières sorties (semi de Laval et bicentenaire) le plaisir n'était pas présent tout comme les sensations et les résultats. 

 

Mais voilà après 3 semaines de fatigue intense et de doutes j'ai besoin de me rassurer... Quoi de mieux qu'un trail de 26km avec un des parcours les plus beaux mais aussi un des plus difficiles de Vendée!

Malgré le vent et le froid, le soleil est présent et on ne va pas s'en plaindre. Le départ est donné sur la plage, au niveau du Centre Nautique de la Tranche sur Mer. Tout le monde part ensemble, 900 coureurs inscrits sur le 8, 13 et 26km. Les chevaux nous accompagnent sur cette première partie de plage, superbe! 

Comme à mes habitudes je suis aux avants postes, mais cette fois ci je suis plus observateur qu'acteur. Devant le pavillon de l'Aunis, la rampe de sable qui nous aide à franchir la digue les autres années a été avalé par les grosses marée, il nous faut donc la franchir la digue en la sautant. Une centaine de mètres après, au niveau d'une entrée sur la plage les premiers coureurs montent, d'autres crient pour dire que ce n'est pas par là et continuent à courir sur le sable... Le bénévole présent à cet endroit n'en sait pas plus que nous. J'avais commencé à monter sur cette rampe et finalement j'ai décidé de suivre un coureur expérimenté. Apres avoir sauté deux clôtures et descendu dans des enrochements, nous sommes de retour sur la plage précédemment quittée, on monte une grosse côte de sable pour nous apercevoir que la majorité du peloton est devant. C'est dommage car nous avons fait des efforts pour prendre le bon parcours et ceux-ci ne sont pas récompensés. En trail, il faut accepter de se perdre et de ne pas être sur un circuit ou une piste bien délimitée! 

 

A ce moment là, connaissant le parcours difficile qui nous attend je me dis "c'est pas grave tu as largement le temps de rattraper sur 26km" 

Je garde mon rythme, les parcours du 13 et du 26 se séparent, on est beaucoup moins nombreux maintenant et j'aperçois les quelques coureurs qui sont devant moi mais ils sont assez loin. Avant même d'en rattraper un seul je me fais doubler. J'essaie de rester au contact mais le gars est bien plus costaud que moi et je le laisse filer. Je finis par doubler des coureurs et garde mon rythme, contrairement à mes habitudes j'ai mis du temps à les rattraper! Je vois au loin le gars qui m'a doublé rattraper le premier de la course. A ce moment là je sais déjà que je vais aussi le dépasser. Mais le danger vient de derrière, il y a un très bon coureur que je connais bien, un costaud qui est à l'aise sur des terrains difficiles, il me colle à une centaine de mètres depuis quelques moments. 

 

On sort de la forêt pour commencer le chemin du retour, la vue se dégage. Mon poursuivant est toujours là et le second de la course est toujours devant moi. Ces dunes sont vraiment magnifiques mais nous sommes exposés au vent qui nous vient de face. La progression est rendue encore plus difficile dans ces monticules de sables et de végétation. On refait un crochet dans la forêt et quelques mètres après je double le deuxième et lui lance un "courage". Je décide de mettre du rythme pour m'échapper rapidement. S'en suit une partie roulante dans la forêt jusqu'au moment où j'aperçois une flèche à contre sens, j'ai pourtant été super vigilant et j'ai bien regardé partout! Je me mets à douter et j'essaie de reconnaître le parcours, rien ne me parle, je décide de faire demi-tour et tant pis pour l'avance prise. Je retrouve alors mon concurrent, on s'arrête et je lui dit que l'on n'est pas sur le bon chemin. Ensemble on décide de continuer, on finit par croiser des marcheurs et on leur demande s'ils ont vu un autre coureur, ils répondent "oui". Le premier c'est trompé aussi, certainement une balise manquante. On finit par retrouver le bon chemin et les bénévoles nous dissent "vous n'auriez pas du arriver par là"... 

Maintenant qu'on est sur le bon chemin je poursuis mon effort et prend le large, et, assez rapidement je ne vois plus les deux autres coureurs. Je m'engage dans une partie de forêt plus accidentée et je reste sur mon rythme, je prends pas mal de plaisir dans ces chemins aux nombreuses relances. Je double aussi des marcheurs qui m'encouragent, c'est sympa de leur part et je n'oublie pas de les remercier. Je finis par entendre le micro, le vent porte bien, nous sommes encore loin. Je quitte la forêt pour arriver progressivement dans une zone plus urbaine. 

 

Je finis par rejoindre la plage, je sais que les cartes sont jouées. Je n'ai plus aperçu mes concurrents depuis un moment, que ce soit ceux de derrière comme le premier de la course, mais en arrivant sur la plage je l'aperçois. Je pensais qu'il était beaucoup plus loin que ça. Malgré le vent fort de face je fais l'effort pour essayer de revenir, même si nous sommes très proche de l'arrivée je me dis qu'on ne sait jamais, je lâche rien. Je regarde derrière moi et ne vois personne, je comprend aussi que la première place est impossible à aller chercher le premier est à quelques mètres de l'arrivée. 

 

Je repense à ces dernières semaines sportivement difficiles. Depuis décembre dernier j'ai fait mes plus belles courses mais aussi mes pires en terme de sensations...Je décide donc de profiter de ma fin de course, je vois ma femme et mon fils sur la plage, je leur lance un bisou, le speaker m'accueille en amont de l'arrivée, les gens m'applaudissent et je les remercie. 

 

Je finis 2ème en 1h53 avec l'impression de n'avoir couru que 45min tellement ce parcours est plaisant. Je fini aussi rassuré sur ma condition car après avoir été malade deux fois en trois semaines je ne pensais pas avoir les moyens d'aller chercher ne serait-ce qu'un top 10.