Objectif moins de 3h...


Voici un de mes objectifs de l’année, courir le marathon de Nantes pour réaliser un rêve de coureur…

 

Cela fait plusieurs jours que la pression monte, le stress m’envahie comme jamais avant une course. Il faut dire que c’est mon troisième marathon et que je me présente à celui-là en compétiteur ! Ma préparation n’a pas été régulière, dernièrement les sensations ne sont pas bonnes et je suis tombé deux fois malade en 3 semaines et cela m’a couté quasiment deux semaines d’entrainement…

 

Ce matin là à Nantes, on se rejoint avec mes camarades du Roche Vendée Triathlon, après une « photo de famille » on se dirige vers la ligne de départ. On a de la chance, le temps est idéal pour courir ! Ce marathon je le fais pour ma fille Zoé, le parcours passe plusieurs fois devant le CHU de Nantes, je m’attends à une grande émotion quand je vais passer devant l’hôpital…

J’ai décidé de partir à 4min/km soit 15km/h, le premier objectif est de tenir cette allure jusqu’au semi, avec un temps de 1h18 au semi-marathon de Nice-Monaco en février et au vu de mes trails je sais que je peux largement tenir cette allure. 

 

Après 6km je me retrouve avec celle qui va finir 3éme féminine, j’ai vu son maillot et nous sommes du même département, avec un peu de chauvisme je mets à sa hauteur et l’encourage « Allez, première féminine une vendéenne ! ». On s’échange nos objectifs respectifs et elle me dit que nous sommes partis trop vite ! Je garde mon rythme et je finis par la distancer… Suite à une boucle de 6kms nous sommes de retour dans l’hyper centre et il y a beaucoup de monde pour nous encourager, je vois aussi ma femme et mon fils, ça fait du bien ! 9km plus tard je passe le 21ème km en 1h23, je suis dans le rythme et très régulier.

 

Maintenant l’objectif c’est de tenir ce rythme jusqu’au 30ème et pour la suite je ne sais pas où je vais m’aventurer… Malgré les jambes qui commencent à être chargées je passe le panneau 30km à 1h59 de course, parfait ! A ce moment là je suis heureux, j’ai le sourire aux lèvres car je sais qu’il ne me reste que 12km à parcourir en 1h pour atteindre mon objectif, mais rien n’est acquis il faut continuer d’avancer ! Je tiens ce rythme de 15km/h jusqu’au 32ème, ensuite le rythme commence à baisser. La fameuse dérive cardiaque est inévitable, mon cœur bat toujours aussi vite qu’au début mais j’avance moins vite ! Je me concentre sur ma foulée, et je passe en revu le parcours accomplis, je fais aussi un inventaire des sensations, des douleurs que je peux ressentir, tout est normal on continu. Je passe les 35ème je n’ai toujours pas pris le mur en pleine face, et à part des douleurs musculaires je continue d’avancer, à partir de ce moment tous mes gestes sont très économes et pour seuls but de me faire avancer vers la ligne d’arrivée… 

 

Ensuite je me retrouve en train de doubler les meneurs d’allure des 4h et je suis obligé de me faufiler et de slalomer entre les coureurs, après 36km cela me coûte pas mal d’énergie. Je suis aussi obligé de courir sur des parties en stabilisé et sur des pavés pour pouvoir doubler mais ça fait partie de la course. Cela fait du bien de ne plus être seul, étant dans les 100 premiers de la course je n’ai couru que dans des groupes de 4-5 coureurs maximum voir seul pendant pas mal de temps… Arrivé au 40ème on se sépare des coureurs qui ont encore une boucle à finir, je me retrouve seul et il ne reste plus que deux kilomètres et 195m. A chaque foulée j’ai l’impression que mes mollets et mes cuisses se déchirent mais je serre les dents et finis au maximum de mes possibilités. Dans les 500 derniers mètres il y a beaucoup de monde pour nous applaudir et je vois ma famille à 100m de l’arrivée. 

 

Je passe sous l’arche après 2h53’36’’ de course, je suis heureux même si j’étais parti sur des bases 2h48, l’objectif principal est atteint et surtout j’ai vraiment eu l’impression de maîtriser ma course. Après le marathon de Vannes en 3h46 en octobre 2011, Paris en 3h15 en avril 2012, je m’estime chanceux d’avoir atteint cet objectif même si cela m’a demandé beaucoup d'entraînements. Le marathon c’est vraiment une belle épreuve, même si ce n’est pas là où je suis le plus performant, je m’y sens à l’aise contrairement à d’autres distances. A 27ans je pense avoir encore une marge de progression sur cette distance, et j’espère en faire un par an pour au moins me donner des repères sur mon état de forme ou alors battre mon record. 

 

Maintenant je vais retourner aux trails de ma région et préparer tranquillement le triathlon longue distance de l’Alpe d’Huez avant peut être d’envisager de participer aux Hospitaliers en Novembre prochain…