Triathlon Longue distance de l'Alpe d'Huez


Même si ce n'est pas vraiment du trail ou de la course à pied je vous fais partager mon expérience sur le triathlon longue distance de l'Alpe d'Huez (2.2km/115km/22km), sur les 139.2kms il y avait quand même 22 kms de course à pied ;-)

 

Le jour J est arrivé, après une nuit pas si mauvaise, je mange comme d'habitude mes bonnes grillées beurre (salé bien sur!) confiture. Je ne stressais pas trop jusque là, mais à 3 heures du départ j'ai déjà la boule au ventre. Pour ma part, c'est mon premier LD, et c'est surtout la première fois que je me présente à une course sans être sûr de la finir. Je rererevérifie mes sacs de transitions et mon sac ravito en espérant ne rien avoir oublié. Je regarde aussi la météo en espérant ne pas avoir d'orage et la pluie qui va avec, les descentes de col me font peur alors j'ose pas imaginer sous la pluie...

 

Après 7 petites minutes de vélo, me voilà sur l'aire de départ, entre le marquage, la vérification, et l'entrée dans le parc à vélo c'est un peu le bazar. Dans le parc je retrouve Noam et Cyrille, ils nous ont regroupé par club et c'est toujours sympa de discuter un peu. Noam me parle de crème solaire et me dit qu'il a "cramé" il y 4 ans sur le cd, j'ai pas du tout pensé à ça, déjà une erreur avant même de partir!

L'eau est annoncée à 14,2deg, comme ça je me rends pas compte je me dis que ça doit pas être bien chaud mais sans plus. On se dirige pour entrer dans l'eau, et là mes pieds sont saisis, on se souhaite bonne course et on plonge. Avec ce froid j'ai du mal à expirer dans l'eau... A peine quelques mouvements de bras et le départ est donné, sauf que nous sommes même pas sur la ligne de départ et que beaucoup de triathlètes sont encore en train de faire la queue dans le parc pour se jeter à l'eau. Une image me reste en tête, je lève la tête sur une respiration polo et j'aperçois ces montagnes en fond, ce lac avec tous ces fous et un hélicoptère juste au dessus de nos têtes, magnifique! Je ne regrette pas d'avoir pris la cagoule Néoprène, après quelques dizaines de mètres pénibles j'arrive à prendre mon rythme et je sors de l'eau en ayant fait le job, à mon niveau. 

 

La transition je prends le temps (plus de 5min de transition, j'aurais même pu moudre et boire mon café!), j'embrasse ma tribu, je mange, je me couvre.. Noam me suis de prêt, la première chose qu il me dit dans le parc "je ne sens plus ma bouche", énorme! Cyrille lui est déjà parti. 

 

Sur le vélo les sensations sont bonnes au début, les 24 premiers kilomètres sont très roulants, j'ai dû faire une moyenne de 39 sur cette portion malgré la circulation car on a roulé sur un grand axe avec la circulation ouverte... Je vois déjà 4-5 crevaisons, je commence à cogiter car je n'ai pris qu'une seule chambre à air...

 

Ensuite la première difficulté, le col de l'Alpe du Grand Serre avec plus de 13km et 1000m de D+. Ça grimpe direct et passer du 50-11 au 34-28 ça calme, mais je fais tourner les jambes, après un bon moment je vois le panneau "sommet à 10km" je ne pensais pas que c'était aussi long, dans ce col il y a pas vraiment de répit et la pente est constante mais il y a pas mal d'ombre, on ne peut pas tout avoir. Dans cette montée j'ai gagné pas mal de places mais dans la descente suivante j'ai dû en perdre une dizaine, j ai eu du mal à trouver mes marques. Mais j'en ai profité pour regarder les paysages magnifiques. 

 

Après la descente on rejoint le parcours du tour avec la montée de l'Ornon, ce col est vraiment bizarre ça monte les trois derniers kms sinon c'est quasiment que du faux plat montant (il fait quand même plus de 600m de D+). Au début de l'ascension (à Valbonnais) on pouvait récupérer un ravito perso et mon sandwich aux rillettes m'a fait le plus grand bien. Bizarrement c'est dans ce col que je me suis senti le plus mal avec un gros coup de moins bien, mais bon j'avais déjà 85km dans les jambes... Apres plusieurs pâtes de fruits la machine est relancée. En haut je prends mon temps comme à tous les ravitos pour remplir mes bidons. Et oui moi je ne jette pas mes bidons comme la plupart des participants, Cyrille a aussi trouvé ça hallucinant. Depuis le début de la course il fait très chaud (on a dû frôler les 35deg mais on n a pas eu d'orage!) je bois tous les 5min en montée et toutes les 10 sur du roulant. Je sais qu'ensuite on s'attaque à la montée de l'Alpe alors dans la descente technique de l'Ornon j'en profite pour faire tourner les jambes et bien récupérer, je descends beaucoup mieux et je perds que 2-3 places.

 

Après on attaque la traversée du Bourg d'Oisans, on retrouve aussi une circulation plus dense mais les gens sont là pour nous encourager. Je reconnais les lieux et après un giratoire un léger faux plat montant avant d'attaquer l'Alpe, je regarde ma moyenne, 26km/h, pas mal!

 

On passe sur un tapis de chronométrage et c'est parti, je mets directement le 34-28 (il fallait pas moins!) et la vitesse descend vite à 11-12km/h. Les trois premiers virage sont terribles, le repos dans le plat des virages n'est pas assez long mais je redescends à chaque fois de 2-3 pignons pour me relancer. Des douleurs au genou apparaissent mais j'ai surtout mal aux reins alors je mets plus en danseuse, chose que je n'ai quasiment pas faite. Je ne compte pas les virages pour ne pas me démoraliser. Je double encore du monde, certains sont à l'arrêt, marchent à côté du vélo et d'autres se mettent même sous les cascades au bord de route pour se rafraîchir. Je continue d'avancer à mon petit rythme qui est maintenant entre 8-10m/h, je vois Elo et Léo au virage 14 et ça me fait le plus grand bien. Quelques virages plus loin on arrive à un ravito, je m'arrête remplir les bidons car depuis la montée avec la chaleur je bois toutes les 3min et ça descend vite! il y a certaines portions qui sont moins pentues je remets un peu de braquet pour garder la même fréquence, après le village de l'Alpe j'aperçois la station, ça fait loin encore! Je passe un panneau "sommet à 4km" mais les kilomètres ne défilent pas vite. Virages 3, 2, 1... L'arrivée dans la station est sympa, les gens nous encouragent. Je pose le vélo après 5h30 et plus de 6h20 de course. 

 

Place à la course à pied, normalement mon péché mignon, mais avec les 115kms de vélo dans les jambes c'est une autre histoire... Je sors du parc et prends déjà un bon verre d'eau, j'ai du mal à trouver ma foulée et je n'avance pas vraiment, je décide de changer l'écran de ma montre et de cacher la vitesse pour ne pas me déprimer. Sur le parcours pas une zone d'ombre et un parcours pas plat du tout, je sens que ça va être long et faire 3 tours de 7,3kms ça ne va pas m'aider! Mais la vue est encore une fois magnifique, il fait un peu plus frais, on sent que l'on est proche des 2000m d'altitude. Mon genou me fait mal en descente, je lutte pour ne pas vomir, je marche pour me ravitailler et repartir s'avère très difficile. Je me force à courir même très lentement et je double encore du monde malgré mon petit rythme, je croise Cyrille de temps en temps mais je n'aperçois toujours pas Noam, Franck est aussi là pour nous encourager, sympa! À la moitié du dernier tour j'arrive à la hauteur de Cyrille qui marche je lui dit de s'accrocher et de me suivre, il m'annonce qu'il n'a plus de force. Je reste sur ma petite foulée rasante très économe et à 30m de la ligne de l'arrivée je prends Léo dans mes bras pour finir la course après 8h20 d'efforts.

 

Pour conclure ce tri magnifique, très bien organisé et offre une belle ambiance, le seul point noir c'est les déchets laissés partout par les participants notamment sur la partie vélo. J'en ai pris plein les jambes et les yeux, avec des paysages et des pentes à couper le souffle... Bref, c'est pour vivre des épreuves comme celle-ci que je me suis mis au tri et aujourd'hui je ne regrette pas!