Défi des Vins


Trail du Vignoble Nantais - ma victoire sur le défi des Vins - 21,6km en nocturne; 22,8km le lendemain

 

1ère étape : la nocturne 

Le froid était au rdv ce samedi 23 février, cette météo nous rappelle celle que l'on a connu à Millau lors des Templiers. À 20h le top départ est donné, le parcours est formée de 3 boucles ce qui permet de revenir au point de départ et d'être chaleureusement encouragé à chaque passage. Encore une fois c'est parti très vite, je me place dans le premier wagon et je fais la première boucle et une partie de la seconde en compagnie d'Erick Clavery (champion du monde de trail en 2011) après je l'ai plus revu et il me colle 6min à l'arrivée! On remarque vite avec Romain que le plateau est relevé sur cette course, les Traileurs viennent de toute la région, et le tvn a une réputation nationale... 

Le parcours est assez sympa, alliant vignes, chemins et un super single tract mais la nuit tout est différent et il faut être vigilant sur les appuis, mes chevilles se sont dérobées plusieurs fois mais sans gravité. Km15, Je suis à la peine dans un groupe de 5 coureurs, un des coureurs se détache, on le regarde s'éloigner pendant un bon bout de temps. Je retrouve des forces et je décide de mettre du rythme dans les parties techniques, je finis par me détacher et arriver à le recoller. Nous sommes à ce moment 4ème et 5éme. On fait un bon bout de chemin ensemble, on se fait vraiment plaisir dans un single cassant mais magnifique avec pour finir un passage sous un pont avec les pieds dans la flotte (il fait -2deg...). Ensuite on loupe un repère , 200m plus loin on entend crier pour nous indiquer qu'on est sur le mauvais chemin, c'est ça aussi l'esprit du trail même si on est tous dans la compétition. Du coup on se retrouve dans le groupe lâché précédemment, dur dur... 500m plus loin on reprend un passage boueux de la seconde boucle, j'y vais franco mais le passage a été labouré par 800 coureurs entre mon premier et mon second passage, et floc de la boue jusqu'au genou, le moral en prend un coup et ce n'est pas dans mes habitudes. J'essaye de m'accrocher pour finir et je me classe finalement 7ème au scratch (2ème du défi, le premier se trouvant à 10s). Déçu de ma course car physiquement je n'ai pas tout donné et j'ai été faible mentalement. Arrivé à la voiture il fait très froid, la boue sur nos jambes est en train de congeler et nos lacets sont complètement glacés... 


2ème étape : la nuit pour récupérer 

On voulait faire cette course aussi pour vivre cette expérience d'enchaîner deux courses de plus de 20kms avec seulement une nuit pour récupérer. Cette nuit c'est au final LA troisième épreuve du week-end...

Entre les deux courses je n'ai pas eu l'impression de décrocher et j'étais toujours dans la course. Après 1heure de route je suis rentré à 23h à la maison, il faut maintenant prendre une douche et manger chaud pour se réchauffer. Il faut aussi ranger et préparer les affaires pour le lendemain, une bonne séance d'étirements, massage des jambes avec de l'huile à l'arnica et dodo. Il est déjà 00h30, je me couche avec un mal de ventre que je traîne depuis 22h, certainement un coup de froid...

4heure du mat je me réveille, je suis encore sur les nerfs, j'ai eu du mal à m'endormir malgré la fatigue et je commence à tourner dans le lit. Je décide de me lever, prend un bouquin ("autobiographie d'un coureur de fond" de Murakami ça ne s'invente pas, merci pour le prêt Romain!), j'enfile une paire de bas de contention et je décide de faire une séance d'électrostimulation en mode récup active des quadris! Je me recouche 30min après, toujours avec le mal au ventre... Le lendemain le réveil sonne à 7h, je me force à manger, le petit dej' a du mal à passer mais je sais qu'il faut absolument remplir les stocks pour tenir avec ce froid, donc c'est petit dej complet et copieux!

 

3ème étape : la course du dimanche, trail de 22,8km

Arrivé sur place il fait toujours aussi froid avec ce vent glacial, on est complètement rouillé et les jambes ne sont plus toutes fraîches. On attend le dernier moment pour sortir de la voiture, après un échauffement rapide on se place sur la ligne de départ aux avants postes. Je vois le premier du défi qui est juste devant moi au classement, il me dit qu'hier soir on l'a emmené sur une civière à son arrivée, certainement un coup de froid. Mon pote Romain me redis (toujours le même refrain) "ne part pas trop vite tu vas te cramer", je sais qu'il a raison surtout avec le trail de la veille dans les jambes. Top départ, ça part moins vite que la veille, je me place dans les 10 premiers avec le gars qui est devant moi au défi. On fait les 5 premiers kilomètres ensemble et on discute bien, vraiment sympa le gars, mais en fait je pense que comme pour l'un ou pour l'autre c'était aussi un moyen de se marquer à la culotte. Il me dit qu'il a mal au genou et qu'il ne sait pas si il va tenir, infos ou intox? Je ne prête jamais d'importance à ce genre de remarque en course, dans un virage il se met à boitiller, je lui lance un "ça va?" je garde le rythme mais lui décroche (je l'ai recroisé à mon arrivée et j'ai appris qu'il avait abandonné quelques kms après). Juste après une rivière à traverser, pas le choix il faut y aller, puis s'en suit la traversée d'un bâtiment d'exploitation d'un vignoble, tapis rouge, musique, barrique, super sympa! Je commence à retrouver des sensations au 10ème kilo, je suis jusqu'à présent hyper-régulier, je sais qu'il y a deux autres coureur du défi qui sont devant moi (dont un qui est à 40s derrière moi et qui est classé 3ème du défi). Je ne panique pas et de toute façon je peux difficilement aller plus vite... C'était un peu le jeu du chat et de la souris, j'essayais de reconnaître les gars avec qui j'avais couru la veille et à chaque fois que je doublais ou que l'on me passait, je jetais un rapide coup d'œil afin de reconnaître un dossard rouge synonyme de participation au défi des vins. J'avais vraiment l'impression que les autres coureurs se battaient pour une place, je me souviens qu'après en avoir doubler un, il a tout fait pour rester à mes côtés, je n'étais pas du tout dans cette optique, et c'était plutôt agréable. Je voyais qu'il y avait quelque chose à faire, j'étais conscient que le podium n'était pas loin... Au km 12 je rattrape le troisième du défi, un tri athlète de Rennes, qui a participé l'année dernière à la course des as lors des foulées du Gois, pas un mancho mais plutôt pistard et routard. Sur les parties techniques je suis un ton au-dessus sur les parties roulants un ton en-dessous... Ça tombe bien on est sur un trail, les côtes et descentes s'enchainent, je vois que je creuse l'écart, mais cela reste minime et il s'accroche! A ce moment je sais que je suis le deuxième coureur défi sur cette course, celui qui est devant est parti comme une balle et cela fait un moment que je ne l'ai pas vu, je ne sais pas quel est son classement de la veille, mais je me dis " reste régulier". Après un super single track qui suit un ruisseau, je me retrouve en bas d'une bonne montée, et j'aperçois le seul gars du défi qu'il me reste à rattraper. Lui, marchant dans la côte et moi restant sur mon effort je le double, il a l'air cramé mais méfiance. Il reste encore 4kms à parcourir tout peut arriver surtout en trail on n'est jamais à l'abris d'un mauvais appuis, surtout que ce matin j'ai pris les chaussures de routes, fessant le pari d'un terrain gelé et dur me donnant un avantage sur partie roulante mais elles sont moins stables et glissantes sur les parties boueuse ainsi que dans les descentes raides... Cette fin de course fut difficile, j'étais à présent pressé de voir la ligne d'arrivée, surtout que j'apercevais au loin mon principal concurrent qui est resté au contact depuis le douzième km... A ce moment je me dis qu'il faut être costaud, je pense à mes enfants, et je me répète mon mantra "si c'est dur pour toi c'est dur pour les autres aussi...". Les deux derniers kms sont interminables, on aperçoit le lycée où est l'arrivée et j'ai l'impression qu'on tourne autour mais on est encore loin! Les douleurs dans les jambes sont de plus en plus fortes, je fini ma gourde et serre les dents pour avancer avec la douleur. Arrivé dans le parc du lycée je sais que c'est normalement fait, mais je ne relâche pas pour autant mon effort et je finis à fond. Je finis vidé et soulagé de ce stress de fin de course, pas facile d'être dans la peau d'un homme traqué. J'apprends que je suis 9ème au scratch, super content surtout avec une course dans les jambes avant le départ. Une course parfaite, comme j'en ai jamais connu. Pour le classement du défi, j'ose pas y croire et doute de mes calculs, mais au chronométrage il me confirme ma première place en 3h02'42", le second fini le défi à 1min47s. C'est serré sur 44,4kms! Je n'avais pas placé ce trail comme un objectif, je suis surpris et vraiment heureux de ma première place sur ce défi.

 

A noter que cette course n'est pas réputée pour rien, elle est super bien organisée, les bénévoles sont vraiment sympas, il y a la possibilité de dormir sur place et un repas d'après course est proposé, bref une belle fête du trail, que je recommande à seulement 50-55min de la roche.